Le Centre Georges Pompidou dans l’élan républicain

By SCH
19 janvier 2015

En janvier 2015, au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo, le Centre Georges Pompidou a déployé sur sa façade une bâche de 13 mètres sur 8 : une photo devenue en quelques heures l’un des symboles les plus forts de l’élan républicain qui a rassemblé la France. Ce geste, aujourd’hui entré dans l’histoire du lieu, illustre bien l’esprit de « Beaubourg », étape incontournable d’une promenade parisienne allant de l’Île Saint-Louis au quartier du Marais.

Une bâche devenue symbole

C’est en déployant sur sa façade une photo, devenue emblématique en quelques heures, que le Centre Georges Pompidou a participé à l’élan qui a rassemblé un grand nombre de Français après les attentats du 7 janvier 2015. Au-delà du symbole, le choix de cette image relevait d’un vrai parti pris : Alain Seban, alors président du Centre Pompidou, avait d’abord envisagé une banderole « Je suis Charlie », avant d’estimer que cette phrase exprimait « une forme d’adhésion individuelle qui ne reflète pas les missions et les valeurs du Centre Pompidou, fondées sur la liberté de créer et de débattre ». C’est donc une photographie, plus ouverte et plus universelle, qui a finalement habillé la façade du musée.

La photo de Stéphane Mahé, un écho à Delacroix

Cette image, on la doit au photographe de l’agence Reuters Stéphane Mahé, dont l’instantané baptisé « Le crayon guidant le peuple » fait directement écho au célèbre tableau de Delacroix, « La Liberté guidant le peuple ». Ce reporter, qui couvre habituellement l’Ouest de la France, avait été missionné ce jour-là pour suivre les officiels. En fin d’après-midi, il rejoint la place de la Nation et la foule pacifique, armée de crayons géants. Il raconte qu’au moment où il cadrait le monument central, le « Triomphe de la République », un drapeau tricolore s’est déployé juste à l’instant où il déclenchait la prise de vue : un hasard devenu symbole.

« Je suis Charlie », un slogan repris partout en France

Le Centre Pompidou n’était pas seul dans cette démarche : l’Institut du Monde Arabe et le Palais de Tokyo ont eux aussi déployé une banderole « Je suis Charlie » sur leur façade, tout comme de nombreux autres centres culturels et bâtiments publics parisiens. Les pancartes et banderoles ont fleuri dans toute la France, en particulier sur les mairies et hôtels de ville. Un slogan suffisamment consensuel pour être adopté aussi bien à titre individuel que par de nombreuses entreprises privées, y compris dans le secteur de l’hôtellerie.

En bref

  • Une bâche de 13 x 8 mètres déployée sur la façade du Centre Pompidou en janvier 2015.
  • Une photo de Stéphane Mahé (Reuters), « Le crayon guidant le peuple », en écho à Delacroix.
  • Un choix assumé : une image plutôt qu’un slogan, pour rester fidèle aux valeurs du lieu.
  • Un geste partagé par d’autres institutions culturelles et de nombreuses mairies françaises.

FAQ

Pourquoi le Centre Pompidou a-t-il choisi une photo plutôt qu’un slogan ?

Parce que son président de l’époque, Alain Seban, souhaitait une image reflétant les valeurs du lieu, la liberté de créer et de débattre, plutôt qu’une phrase d’adhésion individuelle.

Qui a pris la photo affichée sur la façade ?

Le photographe Stéphane Mahé, de l’agence Reuters, lors des marches populaires du 11 janvier 2015 place de la Nation.

Le Centre Pompidou se visite aisément lors d’une promenade dans le Marais, à deux pas de la rue Pastourelle et des ruelles du 3ème arrondissement. Pour prolonger la balade côté musées, on peut aussi découvrir les musées cachés de Paris ou tenter une entrée au musée du Louvre. Et pour poser ses valises non loin de là, direction l’Île Saint-Louis, avec une étape possible du côté de Paris autrement, au Solar.

Réserver à l’Hôtel Jeu de Paume Paris

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