Chaque hiver, Marseille célèbre l’une de ses traditions les plus chères : la foire aux santons. Le temps d’une déambulation sur la Canebière, on redécouvre un artisanat provençal transmis depuis deux siècles, et une atmosphère de fête populaire qui fait tout le charme de la cité phocéenne à l’approche de Noël.
Une institution marseillaise née après la Révolution
La foire aux santons compte parmi les traditions les plus populaires de Marseille. Ses origines remontent au lendemain de la Révolution française : elle est née de la ferveur populaire pour la célébration de la Nativité et de l’apparition de cette figurine typiquement provençale qu’est le santon (du provençal « santoun », le petit saint). Chaque année, la foire s’installe pour plusieurs semaines, du dernier dimanche de novembre jusqu’à la fin du mois de décembre, offrant aux Marseillais et à leurs visiteurs un rendez-vous incontournable de la saison des fêtes.
Une inauguration haute en couleurs
L’ouverture de la foire s’effectue traditionnellement au son des tambourins, en présence de groupes folkloriques, à l’issue d’une messe des santonniers célébrée en provençal dans l’église des Réformés, en haut de la Canebière. Ce mélange de ferveur religieuse et de liesse populaire donne le ton d’une manifestation profondément ancrée dans l’identité provençale.
Le santon, un petit monde de métiers d’autrefois
Sur les stands, chaque santonnier a sa propre signature artistique : certains façonnent des figurines imposantes, d’autres préfèrent les miniatures ciselées avec minutie. Tous les petits métiers du siècle dernier y sont représentés : le boulanger et son panier de fougasses, la marchande d’ail, la poissonnière, le valet de ferme à la lanterne, le pêcheur et son filet sur l’épaule, ou encore la femme à la cruche qui vient de puiser l’eau fraîche. Autant de personnages qui composent, santon après santon, le tableau vivant de la Provence d’antan.
La crèche provençale, un art familial
De nombreuses familles marseillaises perpétuent l’art de la crèche provençale. Sa réalisation démarre généralement dès le mois de novembre : on récolte dans la garrigue les pierres, la terre, la mousse et le thym qui viendront figurer les reliefs du décor. Certains y ajoutent d’ingénieux systèmes d’écoulement d’eau, simulant une fontaine, une cascade ou un bassin. Reste enfin à disposer la Sainte Famille et les santons venus célébrer la Nativité, dans une mise en scène toujours renouvelée d’une année sur l’autre.
En bref
- Une tradition marseillaise née après la Révolution française
- La foire se tient chaque hiver, du dernier dimanche de novembre à fin décembre
- Ouverture célébrée par une messe en provençal à l’église des Réformés, sur la Canebière
- Des dizaines de santonniers exposent figurines et personnages des métiers d’autrefois
- L’occasion de composer, ou compléter, sa propre crèche provençale
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un santon ?
Un santon est une petite figurine d’argile peinte à la main, représentant un personnage de la Nativité ou un métier traditionnel provençal. Le mot vient du provençal « santoun », qui signifie « petit saint ».
Où se tient la foire aux santons à Marseille ?
La foire se déroule traditionnellement sur la Canebière, artère emblématique du centre-ville, non loin de l’église des Réformés où est célébrée la messe des santonniers.
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